Un semi pas pour l'Homme, un grand pas pour le Freeathlète.

05/05/2017

 Le dimanche, il y a ceux qui font un jogging, et ceux qui se contentent d'en porter un...

Dimanche 30 avril, 8h30 :

 

Tandis que certains se prélassaient dans leur lit ou leur canapé, d'autres trépignaient dans un sas de départ en pensant déjà à la ligne d'arrivée ... serrés les uns contre les autres sous les nefs, dans une excitation presque palpable, les premières notes de cornemuse de "Soldat Louis" retentissaient et des sourires chargés d'émotion s'affichaient sur les visages impatients.

 

Un décompte, crié avec plus de conviction qu'un soir de réveillon, puis les premiers pas. Le vent frais, quelques gouttes de pluie sur le visage, et les premières foulées sur le bitume mouillé. C'était parti pour de longues heures et minutes d'effort...

 

 

21,100 km de réflexion, pendant lesquels je retrouvais ces sensations, qui me poussaient à régulièrement chausser mes runnings, de jour, de nuit, au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit... Sentir le souffle devenir régulier, prendre pleine conscience de chaque tension, de chaque muscle, puis laisser l’esprit vagabonder au rythme de la foulée.

 

 

Le sourire aux lèvres, malgré la fatigue, malgré le froid, je repensais à quelques jours avant, quand on me demandait quels étaient mes projets pour ce week-end prolongé. Je répondais, partagée entre l'enthousiasme et l'appréhension, qu'il serait consacré au semi-marathon... mon premier !

 

Les réactions étaient variées. "Waow, félicitations !", "mais du coup, tu peux quand même manger du chocolat [à Pâques, avec un air perplexe] ?", et puis les autres ... "mais, pourquoi ?!".

 

Je me suis alors demandé ce qui animait notre volonté. Cette volonté de fer, qui nous poussait à suivre un régime exigeant pendant les semaines, les jours qui précédaient la course tant attendue. Qui nous aidait à nous lever, à 5:00 du matin, pour manger un dernier petit fromage blanc au miel, plutôt que notre café adoré et nos céréales préférées. À se diriger vers la ligne de départ en traversant la ville encore endormie, vêtus d'un sac poubelle ou d'un poncho qui nous donnait un petit air de Batman.

 

Pour certains, c'était tout simplement leur quotidien de sportif, jalonné d'épreuves qui leur permettaient de se mesurer aux autres. Le challenge, le dépassement de soi, les chronos, la progression, une préparation, une première étape vers le marathon...

 

Pour d'autres, les raisons étaient plus personnelles. Un défi, se défouler, éprouver son mental, ses records personnels, s'aguerrir, évacuer le stress, le trop plein d'énergie ou d'émotions, faire le vide, se sentir vivant, libre, fier de soi, s'amuser, vibrer, se surprendre, se retrouver soi-même, se retrouver entre amis, se (re)découvrir ...

 

Sur la ligne d'arrivée, à travers quelques larmes, de joie, de soulagement, d'émotion, de fierté, des raisons plus profondes se devinaient. Une promesse, à soi, à un être cher. Une revanche, sur ceux qui ne les en croyaient pas capable, sur la vie, après une opération délicate, un accident, une blessure, l'abandon d'une autre discipline, lutter contre son poids, ... un accomplissement, un affranchissement.

 

Certains se retournaient sur le chemin parcouru, se rappelant ce jour pas si lointain, où 200 mètres étaient déjà beaucoup trop, ou les courbatures et les difficultés éprouvées leur donnaient le sentiment d'être enfermé dans un corps étranger, qui ne répondait pas à leur volonté.

Cette même volonté, qui jour après jour, faisait s'accumuler les mètres, puis les kilomètres, et enfin les dossards...

 

Je suis sortie de ce semi à la fois vidée, et remplie. Vide d’énergie, mais pleine de beaux souvenirs, de beaux gestes, de belles pensées.

 

La course à un effet magique... Elle révèle le meilleur de certains : aider une personne pétrifiée par les crampes à franchir la ligne d'arrivée, les larmes sur le visage de ceux qui voient leurs proches afficher leur fierté, courir pour de belles causes, croiser un grand sourire inconnu, un pouce levé, une main tendue pour encourager nos efforts, la solidarité, l’émulation.

Courir permet de (se) prouver que si on le veut vraiment, on est capable de bien plus qu'on ne le pense. Que l'on dispose d'un mental suffisamment robuste, pour enjoindre à nos jambes de continuer à avancer, quand notre tête aimerait abandonner. Qu’il est possible de dépasser les limites du corps, de l’esprit, d’aller plus loin... de s'affranchir.

 

Il n'y a que nous, notre corps et notre volonté, qui sommes responsables de l'achèvement d'une course. De l'issue de cette merveilleuse bataille, entre cette part, tellement humaine, qui aimerait abandonner, retourner se coucher, et la plus belle part de nous-même qui ne veut pas baisser les bras, qui veut s'améliorer, être plus forte, plus courageuse, plus performante. Qui envisage la prochaine course, celle-ci à peine achevée... 21,100 Km pour assister à la victoire de notre meilleur, sur nos faiblesses.

 

"On ne gagne pas en dépassant les autres, mais en se dépassant soi-même." 

 

 

Article écrit par Nadine, mis en page par Kévin

 

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